Je viens de voir une nouvelle intéressante depuis Téhéran. L'Iran commence à collecter des frais de passage par le détroit d'Hormuz en utilisant des stablecoins plutôt que le dollar, ce qui reflète une tentative de défier l'autorité de la monnaie dominante à un niveau plus profond que ce que nous avions vu auparavant.



Selon les informations reçues, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a confirmé publiquement au début avril que les grands navires pétroliers passant par ce détroit doivent payer des frais de passage aux forces de la Révolution islamique. La méthode de paiement en dollars a été clairement éliminée. Ce système a été techniquement mis en place depuis la fin mars, bien plus tôt que ce que le marché anticipait.

Ce qui m’a particulièrement attiré, c’est la façon dont l’Iran a conçu ce système. Ils n’acceptent que deux modes de paiement : le transfert en yuan chinois ou via un stablecoin lié au dollar. Cette structure reflète une nouvelle façon de penser les dérivés de fonctions financières, c’est-à-dire la création d’une couche de paiement nouvelle qui ne dépend pas du système SWIFT traditionnel. Leur douane a mis en place une fenêtre d’échange de devises numériques spécifique à l’île de Kish, permettant de convertir rapidement les fonds en rials.

Les frais ont une structure en escalier, dépendant des relations géopolitiques de chaque pays. Les alliés comme la Chine et la Russie paient seulement 0,5 à 0,7 dollar par baril. Les pays neutres paient 1 dollar. Tandis que ceux ayant des relations étroites avec les États-Unis, comme le Japon et la Corée, doivent payer entre 1,2 et 1,5 dollar. Les États-Unis et leurs alliés sont totalement interdits d’accès.

Ce n’est pas seulement une collecte de frais, c’est la création d’un dérivé de fonction de paiement à signification stratégique. Le détroit d’Hormuz représente 21 % du transport mondial de pétrole brut. En moyenne, plus de 20 navires y transitent chaque jour. Si ce système continue à se développer, on peut s’attendre à ce que plus de 20 milliards de dollars en stablecoins circulent dans des portefeuilles numériques contrôlés par l’Iran.

Ce qui distingue cela de l’action du Salvador pour faire du bitcoin une monnaie légale, c’est son ampleur commerciale. Ce dérivé de fonction financière a une application concrète, pas seulement une déclaration politique.

Mais le risque est également évident : USDT et USDC restent liés au dollar et sont surveillés par les États-Unis. Il y a donc un risque que les propriétaires de navires et les institutions financières soient confrontés à des sanctions. Un groupe d’assureurs internationaux a averti que le paiement aux forces de la Révolution islamique pourrait entraîner l’expiration des polices d’assurance.

C’est pourquoi certains armateurs envisagent d’autres routes, comme celle passant par le Pakistan, qui a récemment autorisé 20 navires pétroliers internationaux à naviguer sous le drapeau pakistanais.

Il est intéressant de noter que l’Iran n’est pas le seul pays à faire cela. La Russie a également annoncé une politique de frais similaire pour la route du Nord, envisageant d’accepter des paiements en crypto-monnaies. La logique des crypto-monnaies est en train de transformer la structure des infrastructures de paiement du commerce énergétique mondial. Lorsqu’un navire commercial paie en USDT via la blockchain, c’est en réalité une déconnexion du système d’infrastructures basé sur le système Bretton Woods.

Ce dérivé de fonction financière restera important tant que l’Iran maintiendra son monopole géographique sur le détroit. La guerre financière utilisant les crypto-monnaies comme médium est en train de réécrire les règles du commerce mondial.
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