La révolution de l’informatique quantique promet des possibilités infinies, mais les opportunités d’investissement dans ce domaine présentent un défi curieux : les entreprises qui la poursuivent de manière la plus agressive pourraient nécessiter le plus longtemps à attendre avant de savoir si elles peuvent réellement réussir.
Considérons Rigetti Computing, un acteur de premier plan dans la recherche quantique. L’entreprise doit passer un test crucial début mars, avec ses résultats du quatrième trimestre révélant si ses récents défis de revenus se sont concrétisés en objectifs manqués. Mais même si Rigetti franchit cet obstacle particulier, un problème beaucoup plus vaste se profile à l’horizon.
La réalité technique et financière
Pour qu’un ordinateur quantique devienne commercialement viable, les experts estiment qu’il doit disposer d’au moins 1 million de qubits physiques avec une fidélité de porte à deux qubits de 99,99 % — voire même 99,99999 %. Actuellement, Rigetti fonctionne avec moins de 1 000 qubits et ne répond même pas aux seuils de précision de base. La société doit probablement attendre cinq ans ou plus simplement pour atteindre le seuil minimum de viabilité, ce qui signifie que les investisseurs font face à une période d’incertitude extrêmement longue.
La situation financière aggrave ce problème. Rigetti dépense environ 350 millions de dollars par an, avec des pertes qui s’accélèrent chaque année depuis cinq ans. Selon le consensus des analystes, l’entreprise ne deviendra rentable qu’au moins en 2030, voire jamais. Avec 450 millions de dollars en réserves de trésorerie et seulement 150 millions de dollars prévus pour être dépensés d’ici 2028, Rigetti peut survivre à cette période d’attente — mais la survie ne garantit pas le succès.
L’alternative IBM : maturité et innovation
Une voie fondamentalement différente existe dans l’espace quantique : International Business Machines (IBM). Bien qu’IBM ait recherché l’informatique quantique aussi longtemps que Rigetti, elle a déjà accumulé plus d’un milliard de dollars de commandes pour des tests, essais et travaux exploratoires en quantique. Cela dépasse largement les 7,5 millions de dollars de revenus annuels de Rigetti.
La stratégie quantique d’IBM consiste à développer un ordinateur quantique « tolérant aux fautes » avec une viabilité commerciale attendue d’ici 2029. Mais voici la différence cruciale : IBM exploite déjà une activité extrêmement rentable. La société a généré 10,6 milliards de dollars de bénéfices l’année dernière, tout en produisant 11,6 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible. Les bénéfices croissent à plus de 7 % par an, malgré un modèle d’affaires diversifié.
Du point de vue de la valorisation, IBM se négocie à 22,6 fois ses bénéfices historiques, avec un ratio prix/flux de trésorerie disponible de seulement 20,6. La société verse également un dividende de 2,6 %, offrant des rendements réels pendant que les actionnaires attendent que les avancées quantiques se concrétisent.
Le problème du calendrier infini et le capital patient
L’industrie de l’informatique quantique fonctionne en grande partie sur un calendrier infini — ni Rigetti ni IBM ne fourniront des solutions quantiques grand public du jour au lendemain. Pourtant, cette réalité crée un paradoxe pour les investisseurs.
Parier sur Rigetti signifie accepter des années d’incertitude quant à la viabilité commerciale de base, financée par des réserves de trésorerie qui s’amenuisent et des pertes perpétuelles. C’est une position spéculative nécessitant une patience extraordinaire et une tolérance au risque de perte totale.
L’approche d’IBM offre un profil de risque plus équilibré. La société génère aujourd’hui des profits et des flux de trésorerie importants tout en construisant ses capacités quantiques de demain. Les investisseurs reçoivent un revenu actuel via des dividendes et la croissance des bénéfices, tout en restant exposés à l’éventuel succès de la révolution quantique.
Lorsque l’équipe de Motley Fool Stock Advisor identifie ses idées d’investissement les plus convaincantes, elle privilégie les entreprises qui ne nécessitent pas que les croyants fassent des sauts de foi infinis. Des choix historiques comme Netflix (recommandé en décembre 2004) et Nvidia (recommandé en avril 2005) ont offert des rendements extraordinaires précisément parce qu’ils combinaient une viabilité commerciale à court terme avec un potentiel de croissance à long terme. Les investisseurs de Netflix n’avaient pas besoin d’attendre indéfiniment que le concept de streaming fonctionne — il fonctionnait déjà. La seule question était de savoir à quel point il pourrait devenir grand.
Rigetti est encore à des années de prouver que son concept central fonctionne à l’échelle commerciale. En revanche, IBM a déjà prouvé la viabilité de son activité tout en faisant progresser la recherche quantique. Pour les investisseurs ayant une patience limitée — ou un capital limité — à attendre un calendrier infini, le choix devient plus clair.
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Le paradoxe de l'informatique quantique : pourquoi les investisseurs patients devraient regarder au-delà de Rigetti
La révolution de l’informatique quantique promet des possibilités infinies, mais les opportunités d’investissement dans ce domaine présentent un défi curieux : les entreprises qui la poursuivent de manière la plus agressive pourraient nécessiter le plus longtemps à attendre avant de savoir si elles peuvent réellement réussir.
Considérons Rigetti Computing, un acteur de premier plan dans la recherche quantique. L’entreprise doit passer un test crucial début mars, avec ses résultats du quatrième trimestre révélant si ses récents défis de revenus se sont concrétisés en objectifs manqués. Mais même si Rigetti franchit cet obstacle particulier, un problème beaucoup plus vaste se profile à l’horizon.
La réalité technique et financière
Pour qu’un ordinateur quantique devienne commercialement viable, les experts estiment qu’il doit disposer d’au moins 1 million de qubits physiques avec une fidélité de porte à deux qubits de 99,99 % — voire même 99,99999 %. Actuellement, Rigetti fonctionne avec moins de 1 000 qubits et ne répond même pas aux seuils de précision de base. La société doit probablement attendre cinq ans ou plus simplement pour atteindre le seuil minimum de viabilité, ce qui signifie que les investisseurs font face à une période d’incertitude extrêmement longue.
La situation financière aggrave ce problème. Rigetti dépense environ 350 millions de dollars par an, avec des pertes qui s’accélèrent chaque année depuis cinq ans. Selon le consensus des analystes, l’entreprise ne deviendra rentable qu’au moins en 2030, voire jamais. Avec 450 millions de dollars en réserves de trésorerie et seulement 150 millions de dollars prévus pour être dépensés d’ici 2028, Rigetti peut survivre à cette période d’attente — mais la survie ne garantit pas le succès.
L’alternative IBM : maturité et innovation
Une voie fondamentalement différente existe dans l’espace quantique : International Business Machines (IBM). Bien qu’IBM ait recherché l’informatique quantique aussi longtemps que Rigetti, elle a déjà accumulé plus d’un milliard de dollars de commandes pour des tests, essais et travaux exploratoires en quantique. Cela dépasse largement les 7,5 millions de dollars de revenus annuels de Rigetti.
La stratégie quantique d’IBM consiste à développer un ordinateur quantique « tolérant aux fautes » avec une viabilité commerciale attendue d’ici 2029. Mais voici la différence cruciale : IBM exploite déjà une activité extrêmement rentable. La société a généré 10,6 milliards de dollars de bénéfices l’année dernière, tout en produisant 11,6 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible. Les bénéfices croissent à plus de 7 % par an, malgré un modèle d’affaires diversifié.
Du point de vue de la valorisation, IBM se négocie à 22,6 fois ses bénéfices historiques, avec un ratio prix/flux de trésorerie disponible de seulement 20,6. La société verse également un dividende de 2,6 %, offrant des rendements réels pendant que les actionnaires attendent que les avancées quantiques se concrétisent.
Le problème du calendrier infini et le capital patient
L’industrie de l’informatique quantique fonctionne en grande partie sur un calendrier infini — ni Rigetti ni IBM ne fourniront des solutions quantiques grand public du jour au lendemain. Pourtant, cette réalité crée un paradoxe pour les investisseurs.
Parier sur Rigetti signifie accepter des années d’incertitude quant à la viabilité commerciale de base, financée par des réserves de trésorerie qui s’amenuisent et des pertes perpétuelles. C’est une position spéculative nécessitant une patience extraordinaire et une tolérance au risque de perte totale.
L’approche d’IBM offre un profil de risque plus équilibré. La société génère aujourd’hui des profits et des flux de trésorerie importants tout en construisant ses capacités quantiques de demain. Les investisseurs reçoivent un revenu actuel via des dividendes et la croissance des bénéfices, tout en restant exposés à l’éventuel succès de la révolution quantique.
Lorsque l’équipe de Motley Fool Stock Advisor identifie ses idées d’investissement les plus convaincantes, elle privilégie les entreprises qui ne nécessitent pas que les croyants fassent des sauts de foi infinis. Des choix historiques comme Netflix (recommandé en décembre 2004) et Nvidia (recommandé en avril 2005) ont offert des rendements extraordinaires précisément parce qu’ils combinaient une viabilité commerciale à court terme avec un potentiel de croissance à long terme. Les investisseurs de Netflix n’avaient pas besoin d’attendre indéfiniment que le concept de streaming fonctionne — il fonctionnait déjà. La seule question était de savoir à quel point il pourrait devenir grand.
Rigetti est encore à des années de prouver que son concept central fonctionne à l’échelle commerciale. En revanche, IBM a déjà prouvé la viabilité de son activité tout en faisant progresser la recherche quantique. Pour les investisseurs ayant une patience limitée — ou un capital limité — à attendre un calendrier infini, le choix devient plus clair.