Goldman Sachs met en parallèle l’industrie logicielle actuelle avec celle des journaux, bouleversée par Internet au début des années 2000, ainsi qu’avec l’industrie du tabac, confrontée à une réglementation stricte à la fin des années 90. Goldman Sachs estime que la baisse des valorisations actuelles ne reflète pas une volatilité à court terme des bénéfices, mais une suspicion fondamentale quant à la croissance à long terme et à la rentabilité du secteur logiciel. Ce n’est que lorsque les prévisions de bénéfices se stabiliseront réellement que le cours pourra former un plancher.
Lorsque Wall Street commence à qualifier le secteur logiciel de « secteur des journaux », la crainte de l’impact de l’IA a déjà atteint un stade extrême.
Dans leur dernier rapport, l’analyste de Goldman Sachs Ben Snider et son équipe ont, de manière rare, mis en parallèle l’industrie logicielle actuelle avec celle des journaux, bouleversée par Internet au début des années 2000, et avec l’industrie du tabac, frappée par une réglementation lourde à la fin des années 90. Cette analogie suffit à elle seule à illustrer la façon dont Wall Street évalue le « choc de l’IA sur le modèle commercial logiciel ».
Goldman Sachs pense que la baisse des valorisations ne reflète pas une volatilité à court terme des bénéfices, mais une suspicion fondamentale quant à la croissance à long terme et à la rentabilité du secteur logiciel.
Goldman Sachs rappelle que, lorsque le marché considère qu’un secteur est confronté à un risque de disruption, le point bas du cours dépend de la stabilité des prévisions de bénéfices, et non d’une valorisation suffisamment basse.
Du « dividende de l’IA » à la « menace de l’IA » : les actions du secteur logiciel subissent une réévaluation collective
Goldman Sachs indique que, la semaine dernière, les actions du secteur logiciel sont devenues le « centre de la tempête » de la narration sur l’impact de l’IA. Le secteur a chuté de 15 % en une semaine, avec une baisse cumulée de 29 % par rapport à son sommet de septembre 2025, et le « panier de risque d’IA » (GS AI at Risk) de Goldman Sachs, élaboré en début d’année, a déjà perdu 12 %.
Les catalyseurs immédiats de cette inversion de sentiment incluent la sortie de Claude, le plugin de collaboration d’Anthropic, et le lancement du modèle Genie 3 de Google. Pour les investisseurs, ces avancées ne se limitent plus à « améliorer la productivité », mais commencent à menacer directement la valorisation, la marge de manœuvre et même la valeur intrinsèque des entreprises du secteur logiciel.
Dans leur rapport, Goldman Sachs souligne clairement que le débat actuel ne porte plus seulement sur la révision à la baisse des bénéfices, mais sur la question de savoir si le secteur logiciel est en train de suivre une trajectoire de déclin à long terme similaire à celle des journaux.
La valorisation semble « revenir à la raison », mais le marché parie déjà sur un effondrement de la croissance
En apparence, la valorisation des actions du secteur logiciel a connu une baisse significative :
Le ratio cours/bénéfice (P/E) à terme du secteur logiciel est passé d’environ 35 fois fin 2025 à environ 20 fois actuellement, un niveau inférieur à celui de 2014 ;
La prime de valorisation par rapport au S&P 500 a également chuté à son niveau le plus bas depuis plus de dix ans.
Mais Goldman Sachs insiste sur le fait que le problème ne réside pas dans la valorisation elle-même, mais dans les hypothèses qui la sous-tendent, qui s’effondrent.
Le rapport montre que, pour l’instant, la marge bénéficiaire et la croissance des revenus attendue dans le secteur logiciel restent à leur plus haut niveau depuis au moins 20 ans, nettement au-dessus de la moyenne du S&P 500. Cela implique que la baisse de valorisation implicite du marché anticipe une révision à la baisse importante des perspectives de croissance et de rentabilité à l’avenir.
En comparant horizontalement, Goldman Sachs constate que :
En septembre 2025, lorsque le P/E des actions logiciel était encore de 36, les attentes de croissance des revenus à moyen terme étaient de 15 % à 20 % ;
Aujourd’hui, avec une valorisation d’environ 20 fois, les hypothèses de croissance ont été révisées à la baisse, à 5 %–10 %.
En d’autres termes, le marché anticipe déjà une « falaise de croissance ».
L’avertissement du « moment des journaux » : la valorisation n’est pas le plancher, la stabilité des bénéfices l’est
Ce qui a le plus retenu l’attention dans ce rapport, c’est la référence de Goldman Sachs à des cas historiques.
Goldman Sachs rappelle que, entre 2002 et 2009, le prix des actions du secteur des journaux a chuté en moyenne de 95 %, et que le vrai point bas n’a été atteint ni lors d’une amélioration macroéconomique ni lorsque la valorisation était suffisamment basse, mais après que les prévisions de bénéfices aient cessé de s’ajuster à la baisse.
Une situation similaire s’est produite à la fin des années 90 dans l’industrie du tabac : avant la mise en œuvre du « Master Settlement Agreement » et la levée de l’incertitude réglementaire, même si la valorisation avait été fortement comprimée, le cours de l’action continuait de subir une pression à la baisse.
Sur la base de ces exemples, Goldman Sachs tire une conclusion plutôt froide, voire pessimiste :
Même si les résultats à court terme montrent une certaine résilience, cela ne suffit pas à écarter le risque de déclin à long terme induit par l’IA.
Les capitaux ont déjà voté avec leurs pieds : fuir le « risque IA » et embrasser « l’économie réelle »
Dans un contexte d’incertitude croissante autour de l’IA, le marché privilégie désormais la fuite du « risque IA » et l’adoption de « l’économie réelle ».
Goldman Sachs montre que, récemment, les hedge funds ont considérablement réduit leur exposition au secteur logiciel, même si leur position nette reste encore majoritairement longue ; et que, dès le milieu de l’année dernière, les grands fonds communs de placement ont commencé à réduire systématiquement leur allocation aux actions du secteur logiciel.
Par ailleurs, les flux de capitaux se dirigent clairement vers des secteurs considérés comme « moins exposés à l’impact de l’IA », notamment l’industrie, l’énergie, la chimie, le transport et les banques, qui sont des secteurs cycliques typiques. Goldman Sachs indique que ses facteurs de valeur et ses portefeuilles liés au cycle industriel ont récemment surperformé de manière significative.
Malgré un ton globalement prudent, Goldman Sachs ne se montre pas totalement baissier. Ses analystes estiment que certains segments conservent un caractère défensif :
Les logiciels verticaux, en raison de leur intégration profonde dans les processus industriels et des coûts élevés de migration pour les clients, sont moins susceptibles d’être directement remplacés par l’IA ;
Les entreprises de services et de conseil disposant de données propriétaires et de barrières à l’entrée claires dans leur secteur pourraient voir leur impact par l’IA surestimé par le marché ;
Certaines entreprises fortement liées au logiciel, mais dont le modèle commercial n’est pas purement logiciel, ont récemment montré des signes d’être « maltraitées » par le marché.
Mais la condition reste claire : seul un véritable stabilisation des prévisions de bénéfices permettra au cours de se stabiliser durablement.
Si, au cours des deux dernières années, la narration principale autour des actions logiciel était que « l’IA amplifiera la croissance », ce rapport de Goldman Sachs marque un tournant — le marché commence à se demander sérieusement si l’IA ne va pas éroder la valeur commerciale intrinsèque du secteur logiciel. La vraie question n’est pas de savoir si les actions du secteur logiciel peuvent rebondir, mais quels logiciels pourront prouver qu’ils ne deviendront pas le prochain secteur des journaux.
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Quelle est le degré de pessimisme à Wall Street ? Goldman Sachs compare directement la catégorie « logiciel » à « journal »
Auteur : Zhao Ying
Goldman Sachs met en parallèle l’industrie logicielle actuelle avec celle des journaux, bouleversée par Internet au début des années 2000, ainsi qu’avec l’industrie du tabac, confrontée à une réglementation stricte à la fin des années 90. Goldman Sachs estime que la baisse des valorisations actuelles ne reflète pas une volatilité à court terme des bénéfices, mais une suspicion fondamentale quant à la croissance à long terme et à la rentabilité du secteur logiciel. Ce n’est que lorsque les prévisions de bénéfices se stabiliseront réellement que le cours pourra former un plancher.
Lorsque Wall Street commence à qualifier le secteur logiciel de « secteur des journaux », la crainte de l’impact de l’IA a déjà atteint un stade extrême.
Dans leur dernier rapport, l’analyste de Goldman Sachs Ben Snider et son équipe ont, de manière rare, mis en parallèle l’industrie logicielle actuelle avec celle des journaux, bouleversée par Internet au début des années 2000, et avec l’industrie du tabac, frappée par une réglementation lourde à la fin des années 90. Cette analogie suffit à elle seule à illustrer la façon dont Wall Street évalue le « choc de l’IA sur le modèle commercial logiciel ».
Goldman Sachs pense que la baisse des valorisations ne reflète pas une volatilité à court terme des bénéfices, mais une suspicion fondamentale quant à la croissance à long terme et à la rentabilité du secteur logiciel.
Goldman Sachs rappelle que, lorsque le marché considère qu’un secteur est confronté à un risque de disruption, le point bas du cours dépend de la stabilité des prévisions de bénéfices, et non d’une valorisation suffisamment basse.
Du « dividende de l’IA » à la « menace de l’IA » : les actions du secteur logiciel subissent une réévaluation collective
Goldman Sachs indique que, la semaine dernière, les actions du secteur logiciel sont devenues le « centre de la tempête » de la narration sur l’impact de l’IA. Le secteur a chuté de 15 % en une semaine, avec une baisse cumulée de 29 % par rapport à son sommet de septembre 2025, et le « panier de risque d’IA » (GS AI at Risk) de Goldman Sachs, élaboré en début d’année, a déjà perdu 12 %.
Les catalyseurs immédiats de cette inversion de sentiment incluent la sortie de Claude, le plugin de collaboration d’Anthropic, et le lancement du modèle Genie 3 de Google. Pour les investisseurs, ces avancées ne se limitent plus à « améliorer la productivité », mais commencent à menacer directement la valorisation, la marge de manœuvre et même la valeur intrinsèque des entreprises du secteur logiciel.
Dans leur rapport, Goldman Sachs souligne clairement que le débat actuel ne porte plus seulement sur la révision à la baisse des bénéfices, mais sur la question de savoir si le secteur logiciel est en train de suivre une trajectoire de déclin à long terme similaire à celle des journaux.
La valorisation semble « revenir à la raison », mais le marché parie déjà sur un effondrement de la croissance
En apparence, la valorisation des actions du secteur logiciel a connu une baisse significative :
Le ratio cours/bénéfice (P/E) à terme du secteur logiciel est passé d’environ 35 fois fin 2025 à environ 20 fois actuellement, un niveau inférieur à celui de 2014 ;
La prime de valorisation par rapport au S&P 500 a également chuté à son niveau le plus bas depuis plus de dix ans.
Mais Goldman Sachs insiste sur le fait que le problème ne réside pas dans la valorisation elle-même, mais dans les hypothèses qui la sous-tendent, qui s’effondrent.
Le rapport montre que, pour l’instant, la marge bénéficiaire et la croissance des revenus attendue dans le secteur logiciel restent à leur plus haut niveau depuis au moins 20 ans, nettement au-dessus de la moyenne du S&P 500. Cela implique que la baisse de valorisation implicite du marché anticipe une révision à la baisse importante des perspectives de croissance et de rentabilité à l’avenir.
En comparant horizontalement, Goldman Sachs constate que :
En septembre 2025, lorsque le P/E des actions logiciel était encore de 36, les attentes de croissance des revenus à moyen terme étaient de 15 % à 20 % ;
Aujourd’hui, avec une valorisation d’environ 20 fois, les hypothèses de croissance ont été révisées à la baisse, à 5 %–10 %.
En d’autres termes, le marché anticipe déjà une « falaise de croissance ».
L’avertissement du « moment des journaux » : la valorisation n’est pas le plancher, la stabilité des bénéfices l’est
Ce qui a le plus retenu l’attention dans ce rapport, c’est la référence de Goldman Sachs à des cas historiques.
Goldman Sachs rappelle que, entre 2002 et 2009, le prix des actions du secteur des journaux a chuté en moyenne de 95 %, et que le vrai point bas n’a été atteint ni lors d’une amélioration macroéconomique ni lorsque la valorisation était suffisamment basse, mais après que les prévisions de bénéfices aient cessé de s’ajuster à la baisse.
Une situation similaire s’est produite à la fin des années 90 dans l’industrie du tabac : avant la mise en œuvre du « Master Settlement Agreement » et la levée de l’incertitude réglementaire, même si la valorisation avait été fortement comprimée, le cours de l’action continuait de subir une pression à la baisse.
Sur la base de ces exemples, Goldman Sachs tire une conclusion plutôt froide, voire pessimiste :
Même si les résultats à court terme montrent une certaine résilience, cela ne suffit pas à écarter le risque de déclin à long terme induit par l’IA.
Les capitaux ont déjà voté avec leurs pieds : fuir le « risque IA » et embrasser « l’économie réelle »
Dans un contexte d’incertitude croissante autour de l’IA, le marché privilégie désormais la fuite du « risque IA » et l’adoption de « l’économie réelle ».
Goldman Sachs montre que, récemment, les hedge funds ont considérablement réduit leur exposition au secteur logiciel, même si leur position nette reste encore majoritairement longue ; et que, dès le milieu de l’année dernière, les grands fonds communs de placement ont commencé à réduire systématiquement leur allocation aux actions du secteur logiciel.
Par ailleurs, les flux de capitaux se dirigent clairement vers des secteurs considérés comme « moins exposés à l’impact de l’IA », notamment l’industrie, l’énergie, la chimie, le transport et les banques, qui sont des secteurs cycliques typiques. Goldman Sachs indique que ses facteurs de valeur et ses portefeuilles liés au cycle industriel ont récemment surperformé de manière significative.
Malgré un ton globalement prudent, Goldman Sachs ne se montre pas totalement baissier. Ses analystes estiment que certains segments conservent un caractère défensif :
Les logiciels verticaux, en raison de leur intégration profonde dans les processus industriels et des coûts élevés de migration pour les clients, sont moins susceptibles d’être directement remplacés par l’IA ;
Les entreprises de services et de conseil disposant de données propriétaires et de barrières à l’entrée claires dans leur secteur pourraient voir leur impact par l’IA surestimé par le marché ;
Certaines entreprises fortement liées au logiciel, mais dont le modèle commercial n’est pas purement logiciel, ont récemment montré des signes d’être « maltraitées » par le marché.
Mais la condition reste claire : seul un véritable stabilisation des prévisions de bénéfices permettra au cours de se stabiliser durablement.
Si, au cours des deux dernières années, la narration principale autour des actions logiciel était que « l’IA amplifiera la croissance », ce rapport de Goldman Sachs marque un tournant — le marché commence à se demander sérieusement si l’IA ne va pas éroder la valeur commerciale intrinsèque du secteur logiciel. La vraie question n’est pas de savoir si les actions du secteur logiciel peuvent rebondir, mais quels logiciels pourront prouver qu’ils ne deviendront pas le prochain secteur des journaux.