Les tensions géopolitiques accrues stimulent la flambée des matières premières, le marché mondial étant confronté à une pression de ralentissement de la croissance

Conflit au Moyen-Orient en intensification, les énergies et métaux précieux en hausse

La plus grande contestation sociale en Iran depuis trois ans entre dans son 12e jour, avec une vague de protestations qui se propage à l’échelle nationale. La direction iranienne a immédiatement mis en place une censure internet à l’échelle nationale, tentant de bloquer l’organisation des manifestants. Par ailleurs, Reza Pahlavi, fils de l’ancien roi d’Iran et opposant en exil, appelle la population à continuer de manifester. Le président américain Donald Trump a ensuite publié une déclaration ferme, avertissant que toute blessure ou décès parmi les manifestants iraniens entraînerait une réponse des États-Unis.

Le risque géopolitique accru au Moyen-Orient suscite une hausse de l’aversion au risque sur les marchés, entraînant une hausse des prix du pétrole brut. Le WTI a grimpé de 3,55 % en cours de séance, dépassant la barre des 58,0 dollars, pour clôturer à 58,4 dollars le baril. L’or a également rebondi depuis ses niveaux faibles, avec une hausse intra-journalière de 0,48 %, s’établissant à 4477,8 dollars l’once. La demande de sécurité a également soutenu le dollar, qui progresse de 0,12 % à 98,8, mais avec une amplitude de rebond modérée.

Bourses mondiales fluctuent, les actions industrielles et énergétiques en profit

Les trois principaux indices américains affichent des performances contrastées. Le Dow Jones gagne 0,55 %, le S&P 500 progresse faiblement de 0,01 %, tandis que le Nasdaq Composite recule de 0,44 %. Les valeurs technologiques sont sous pression, Apple clôture en baisse de 0,5 %, après sept jours consécutifs de baisse, Meta recule de 0,4 %, Microsoft et Cisco chutent toutes deux de plus de 1 %, Nvidia( baisse de 2,2 %.

L’expansion du budget de défense stimule les secteurs liés. Trump annonce une augmentation significative des dépenses militaires jusqu’en 2027, atteignant 1,5 trillion de dollars, soit une hausse d’environ 50 %, ce qui soutient fortement les actions de l’industrie militaire — Northrop Grumman rebondit de 2,3 %, Lockheed Martin progresse de 4,3 %. Les actions énergétiques bénéficient également de la hausse des prix du pétrole, Chevron grimpe de 2,6 %, ExxonMobil augmente de 3,7 %.

Sur le marché chinois, l’indice Jinlong progresse de 1,09 %. Les marchés européens restent relativement calmes, le FTSE 100 britannique recule de 0,04 %, le CAC 40 français monte de 0,12 %, le DAX 30 allemand progresse de 0,02 %.

Les actifs cryptographiques faibles, de nouvelles données optimistes sur l’offre

Le Bitcoin baisse de 0,22 % en 24 heures, s’établissant à 91071 dollars ; Ethereum recule de 1,87 %, à 3106 dollars. (Dernières données : Bitcoin à 96.83K, +1.98 % en 24h ; Ethereum à 3.36K, +1.88 % en 24h). Le marché des cryptomonnaies reste sous pression, en ligne avec la vente de risque sur les actifs.

Le marché des devises : le yen sous pression, l’euro en dépréciation

L’indice dollar continue de monter, à 98.8, en hausse de 12 points de base par rapport à la veille. Le dollar/yen progresse faiblement de 0,03 %, reflétant une faiblesse relative du yen en tant que valeur refuge. L’euro/dollar baisse de 0,15 %, sous la pression du dollar fort. Il est important de noter que le yen reste sous pression de dépréciation autour du niveau de 110, ce qui est étroitement lié aux divergences de perspectives concernant la politique de la Fed.

Le marché des taux : légère hausse des rendements obligataires

Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans s’établit à 4,16 %, en hausse d’un point de base par rapport à la veille, reflétant une réévaluation des anticipations d’inflation.

La Bourse de Hong Kong maintient sa forte dynamique, le contrat à terme de l’indice Hang Seng en hausse de 171 points

Le contrat à terme nocturne de la Bourse de Hong Kong clôture à 26312 points, en hausse de 163 points par rapport à la clôture précédente de l’indice Hang Seng à 26149 points, indiquant que le marché conserve une certaine appétence pour le risque. Le contrat à terme nocturne du China Enterprises Index est à 9097 points, en hausse de 58 points. La journée a enregistré un volume de 14701 contrats.


Focus macroéconomique : incertitude politique et inquiétudes sur la main-d’œuvre

) Trump ne dévoile pas le nom du prochain président de la Fed, le marché reste divisé

Le président américain Donald Trump a révélé lors d’une interview qu’il avait décidé du candidat à la présidence de la Fed, sans toutefois divulguer de nom précis. Lorsqu’on lui demande si c’est le actuel conseiller économique en chef, Jared Bernstein, Trump répond « Je ne veux pas dire », mais souligne que Bernstein est « l’un de mes préférés ». Selon le pari de marché Kalshi, la probabilité de l’élection de Kevin Waugh est de 41 %, celle de Kevin Hasset de 39 %, et celle de Christopher Waller de 12 %. Tout candidat élu devra faire face à une forte pression présidentielle pour réduire les taux.

La confiance des consommateurs américains se détériore, la pression inflationniste à court terme s’accroît

Les dernières données de l’enquête de la Réserve fédérale de New York montrent des signaux de dégradation de la confiance des consommateurs. Les anticipations d’inflation à un an ont bondi de 3,2 % en décembre dernier à 3,42 %, une hausse notable. Les anticipations à trois et cinq ans restent stables à 3 %. Plus inquiétant encore, la perception du chômage s’est fortement détériorée — la proportion de consommateurs estimant qu’ils retrouveront un emploi après un chômage a chuté de 4,2 points de pourcentage à 43,1 %, un plus bas depuis le début de l’enquête de la Fed de New York en mi-2013. La probabilité de retard de paiement de dettes dans les trois prochains mois a augmenté de 1,6 point de pourcentage à 15,3 %, un niveau inédit depuis l’épidémie de Covid-19 en avril 2020.

La demande hebdomadaire d’allocations chômage augmente, signal de ralentissement du marché du travail

Le département du Travail américain a annoncé qu’au cours de la semaine se terminant le 3 janvier, le nombre de nouvelles demandes d’allocations chômage s’élevait à 208 000, en hausse de 8 000 par rapport à la semaine précédente, alors que le marché anticipait 212 000. La moyenne sur 4 semaines est de 211 750, en baisse de 7 250 par rapport à la semaine précédente. Le nombre de demandeurs d’emploi en fin de droits s’élève à 1,914 million, en hausse de 56 000 en une semaine, dépassant les attentes du marché à 1,9 million, ce qui indique une difficulté accrue pour les chômeurs à retrouver un emploi.

L’ONU réduit ses prévisions de croissance mondiale, le commerce étant un facteur clé

L’ONU a publié jeudi ses prévisions économiques, abaissant le taux de croissance mondial pour cette année à 2,7 % (contre 2,8 % l’an dernier), avec une reprise prévue en 2027 à 2,9 %, mais restant bien en dessous de la moyenne de 3,2 % avant la pandémie de 2010-2019. La croissance économique américaine devrait atteindre 2 % cette année (contre 1,9 % l’an dernier), pour atteindre 2,2 % en 2027. La croissance chinoise est estimée à 4,6 % cette année, puis à 4,5 % en 2027, en baisse par rapport à la prévision précédente de 4,9 %. Le rapport indique que le soutien macroéconomique pourrait atténuer l’impact des droits de douane, mais que la croissance du commerce et l’activité économique pourraient ralentir davantage à court terme.


Géopolitique et ajustements stratégiques

Le ministre iranien des Affaires étrangères affiche une posture ferme mais laisse une marge de négociation, Téhéran se prépare au conflit

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Amir Abdollahian, a déclaré jeudi à Beyrouth que Téhéran était prêt à toute éventualité de guerre, mais qu’il ne cherchait pas le conflit et restait ouvert à des négociations sur la base du respect mutuel. Abdollahian affirme que les actions passées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont toutes échoué, et que toute nouvelle tentative sera vouée à l’échec. Il a mené une délégation économique en visite de deux jours au Liban, lors de laquelle il a consulté des responsables libanais sur la situation régionale.

Macron appelle à une autonomie stratégique de l’Europe, tout en restant vigilant face aux ajustements américains

Le président français Emmanuel Macron a mis en garde lors du congrès annuel des diplomates français que les États-Unis s’éloignaient progressivement de certains alliés, en se détachant du cadre des règles internationales dans des domaines comme le commerce et la sécurité. Macron souligne que l’ordre international actuel est en crise, que le fonctionnement des mécanismes multilatéraux est entravé, et que le monde est en pleine division entre grandes puissances et risques de fragmentation. Il insiste sur le fait que l’Europe ne doit pas se soumettre à la logique de puissance, ni se limiter à des condamnations morales, mais renforcer ses capacités et son influence pour accroître son autonomie stratégique. La France et l’Europe doivent défendre leurs intérêts en matière de sécurité, d’économie et de valeurs, en consolidant leurs partenariats par la diplomatie, et en protégeant le principe du multilatéralisme. Ces propos interviennent dans un contexte où l’armée américaine a arrêté le leader vénézuélien et où Trump a menacé d’envahir le Groenland.


Matières premières et dynamique industrielle

Les investisseurs institutionnels restent pessimistes sur le pétrole, atteignant un niveau record depuis près de dix ans, avec un risque accru de surabondance

Une enquête de Goldman Sachs montre que, malgré la géopolitique, la majorité des investisseurs restent pessimistes sur le marché pétrolier, avec 59 % des plus de 1100 clients interrogés ayant une vision baissière ou légèrement baissière, un niveau proche du plus bas historique depuis janvier 2016. L’année dernière, les prix du pétrole ont connu leur pire performance depuis 2020, en raison de l’augmentation de la production de l’OPEP+ , du record de production américain de pétrole et de gaz, ainsi que de l’offre accrue de pays comme le Brésil et la Guyane. La surabondance devrait encore s’accroître cette année. La fin du conflit russo-ukrainien pourrait réduire les risques d’interruption d’approvisionnement et les sanctions sur le pétrole russe, mais les États-Unis prévoient de contrôler les ventes de pétrole vénézuélien, ce qui pourrait pousser le pétrole sud-américain sur le marché, créant une nouvelle pression à la baisse.

Le géant minier relance les négociations, la fusion entre Glencore et Rio Tinto en attente

Glencore a publié un communiqué confirmant qu’il entamait des discussions préliminaires avec Rio Tinto concernant une éventuelle fusion, incluant une partie ou la totalité de leurs activités ou une acquisition en actions. Les parties s’attendent à ce que toute transaction soit réalisée par l’acquisition de Glencore par Rio Tinto via un plan d’achat approuvé par la cour. Il n’est pas encore certain que les termes de l’accord soient atteints, même si un accord est conclu, la structure restant incertaine. Rio Tinto doit prendre une décision avant le 5 février 2026 à 17h00. Il y a environ un an, ces deux entreprises avaient déjà discuté d’une fusion, sans aboutir.

Les géants technologiques voient une régulation européenne potentiellement atténuée, un cadre volontaire remplaçant les règles contraignantes

Des sources proches du dossier indiquent que, malgré les appels du secteur des télécommunications à renforcer la régulation, Google, Meta, Netflix, Microsoft et Amazon ne seront pas soumis à une régulation stricte dans le cadre de la réforme des règles numériques de l’UE. La commissaire européenne à la Concurrence annoncera le 20 janvier une proposition de réforme du « Digital Services Act », visant à renforcer la compétitivité européenne et à encourager l’investissement dans les infrastructures numériques. Les géants technologiques seront soumis à un cadre volontaire, plutôt qu’à des règles contraignantes que doivent respecter les opérateurs télécoms, ce qui soulève des inquiétudes dans certains secteurs concernant l’équité.


Données et événements clés du jour

Les données et événements à venir, notamment l’indice des prix à la consommation chinois de décembre, la production industrielle française de novembre, les ventes au détail de la zone euro en novembre, l’emploi canadien de décembre, le taux de chômage américain de décembre, la création d’emplois non agricoles ajustée en décembre, le nombre de nouvelles constructions résidentielles américaines en octobre, les permis de construire américains en octobre, la première estimation de l’inflation à un an de janvier, l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan de janvier, la participation de la Fed à une discussion informelle avec Kashkari, et le total des forages pétroliers aux États-Unis jusqu’au 9 janvier seront publiés ultérieurement. Les investisseurs doivent rester attentifs.

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